27 août, 2007

Dans les coulisses du Tour Aérien des Jeunes Pilotes 2007

Je ne peux m'empêcher de te raconter le rêve bleu que j'ai fait cette nuit.
Ce rêve commence un certain lundi 26 Juillet où je fais un vol à destination de Grenoble. Ce jour là, des CB se forment en région parisienne, je pars donc en début d’après-midi, en m'étant assuré auprès d'un météorologiste que je pouvais partir. Et comme tout rêve commence bien, la météo ne s'est pas avérée si mauvaise. Etant donnés les 30 kT de vent de face dans la région de Grenoble, je ne peux pas faire le vol d'une seule traite, je me pose donc à Troyes pour refueller. J'arrive à Grenoble après plus de 4 heures de vol.
A mon arrivée à Grenoble, des copains m'attendent, eux aussi font le même rêve, nous sommes hébergés au SEFA Grenoble. Ce ne seront pas les seuls à partager notre rêve, beaucoup d'autres rêveurs nous rejoignent le lendemain, nous sommes 45. Des combinaisons bleues nous sont distribuées, elles sont jaunes pour les 19 commissaires et marrons pour les 18 personnes qui gèrent la logistique. Le collage des autocollants des sponsors peut commencer. Le rêve semble de plus en plus réel.
Le premier vol se fait Mercredi, mais on ne prend pas nos avions, il parait qu'ils ne sont pas assez puissants... Pas grave, des D140 Mousquetaire nous attendent, le pilote avec et c'est tant mieux car je ne me sens pas vraiment capable de poser cette machine. D'autant plus que l'on ne se pose pas sur une piste de plaine, mais sur un altiport, et pas n'importe lequel : l'altiport de l'Alpes d'huez. Et pour arriver là-bas, nous avons volé dans les montagnes, c'est super d'apprendre à passer des cols. Le soir, après le briefing durant lequel le tracé de la navigation du lendemain nous est donné, nous mangeons dans l’aérogare de Grenoble en présence de tous les corps de métier qui travaillent sur l’aéroport. Le TAJP, c’est aussi des rencontres qui nous aident à appréhender encore mieux le milieu de l’aérien.
Le jeudi, on reprend nos avions, ça fait du bien de voler seul. Je vais donc sur Orange (eh oui, dans les rêves tout est permis, même d'atterrir sur des terrains non ouverts à la CAP...). Il semble tout petit mon avion à côté du Mirage 2000, je me dis que peut-être un jour j'aurai le droit de voler sur des avions encore plus gros, mais ça… c'est un autre rêve. Le soir même, de jeunes pilotes militaires qui viennent de se faire lâcher sur Mirage 2000 nous rejoignent lors du repas. Nous ressentons l’émotion qui les envahit lorsqu’ils nous racontent leur vol.
Vendredi, les choses sérieuses commencent, parce que on embarque un enregistreur de vol qui compare notre tracé réel avec le tracé théorique donné lors du briefing la veille. Si on s’écarte de plus de 0,2 Nm du tracé théorique, nous perdons des points. Lors du vol, la météo se dégrade et les commissaires qui volent au dessus de nous signalent par radio que la navigation prévue lors du briefing est raccourcie, nous devons retourner sur Orange dès le sixième point tournant.
Samedi matin, c’est le briefing quotidien, aujourd’hui on vole vers Perpignan. L’ambiance est vraiment géniale parmi les 45 jeunes pilotes. L’entraide est omniprésente malgré la compétition. Le paysage est vraiment splendide et les plaines du Nord me paraissent très lointaines.
Dimanche, c'est le jour du meeting. Mais avant d'admirer le spectacle, nous avons une épreuve théorique le matin. L'après midi, certains d'entre nous font partie du jury qui note une compétition amicale de voltige qui a lieu durant le meeting. Les autres, comme moi, sommes sur le stand de la FFA pour donner envie au grand public de pousser les portes d'un aéroclub... Le soir, nous mangeons avec les pilotes de la Patrouille de France.
Le lendemain, la météo ne nous permet pas de décoller. Nous effectuons la navigation vers Libourne mardi. Le vent étant assez fort, je dois faire escale à Muret pour refueller.
La navigation annulée de lundi a raccourci notre escale à Libourne et nous repartons vers St-Nazaire dès le lendemain. Une partie de la navigation est notée, le vent est mon allié sur ce parcours et me garde sur mon trait, et me permet de finir à la première place pour cette navigation.
Jeudi, on effectue une navigation en binôme. Je suis déçu car l'avion de mon binôme étant plus rapide, je ne pilote pas et je suis navigateur. Mais je prends tout de même un vrai plaisir à effectuer ce vol.
Vendredi, c'est le dernier vol à destination de Tours. Une météo capricieuse force les commissaires à arrêter les décollages alors que la moitié des avions sont encore à St-Nazaire. Je fais partie de ceux restés au sol, on nous donne un autre trajet qui passe plus vers le sud et qui permet de contourner le mauvais temps. C’est durant ce vol que je prends conscience des progrès réalisés pendant le tour aussi bien au niveau du pilotage qu’au niveau de la lecture de la carte.
Me voilà donc à Tours, prêt pour le fly-in qui a lieu samedi. La remise des prix a lieu en début d'après midi. Je me classe 7ème au classement général.
Juste après la remise des récompenses, on apprend que les prévisions pour Dimanche n'étant pas optimistes, les commissaires préfèrent qu’on reparte vers nos aéroclubs respectifs le jour même.
L’ambiance, les rencontres, les vols ont fait de ce rêve une aventure fabuleuse et inoubliable.
Paul.